Une semaine en Baja California

Ravis d’avoir passé la frontière sans problème, nous avons pris la route un peu trop confiants 😁.

Quelques centaines de mètres seulement après avoir récupéré Hordago, nous sommes passés au feu vert clignotant qui s’est transformé en feu orange lorsque nous sommes sortis de l’intersection. Pas loupé, une voiture de policiers municipaux nous suivait (ou nous épiait…) et nous a fait signe de nous arrêter. L’occasion de dérouiller l’espagnol pour Philippe puisque le policier ne parlait pas un mot d’anglais. Il nous a expliqué qu’au Mexique, lorsque le feu clignote vert il faut s’arrêter et que c’est une infraction de passer au feu orange (nous remarquerons par la suite que les mexicains doivent, selon cette règle, être en infraction à chaque feu, puisqu’ils passent allègrement au orange, voire même au rouge our certains). Philippe a bien tenté de lui expliquer que nous venions d’arriver au Mexique et que nous n’avions pas encore saisi toutes les subtilités du code de la route mais rien à faire, l’agent nous a dit que nous allions être verbalisés.

Quand on a demandé le montant de l’amende, c’est devenu plus flou : le policier a d’abord évoqué 15 mois de salaire et une immobilisation du véhicule (??!), puis 110 dollars US et enfin 75 dollars US. La discussion a duré encore 10 bonnes minutes, puis il a demandé à Philippe s’il voyait une autre solution.. Quand Philippe lui a demandé ce qu’il attendait, l’homme lui a répondu que c’était à lui de faire une proposition. N’ayant pas du tout envie d’entrer dans son jeu, nous lui avons indiqué que nous le suivions à la station de police pour qu’il nous rédige l’amende. On s’est donc mis en route derrière le véhicule de police, qui s’est finalement arrêté 300 mètres plus loin. Le policier est revenu à notre hauteur et nous a dit qu’il nous laissait partir avec un simple rappel à l’ordre.

Bilan : tentative de corruption par des policiers mexicains, ça c’est fait 😁 !

Comme nous avions pas mal roulé ces derniers temps, nous nous sommes arrêtés deux jours à Camalu, au bord du Pacifique, dans un hôtel / camping dont la construction semble ne jamais avoir été terminée.

Philippe en a profité pour faire un peu de mécanique (avec des pièces venues depuis la France, merci la famille!). Au programme, changement des courroies d’alternateur et des biellettes des barres stabilisatrices, le tout en compagnie de Greg, un surfeur américain rencontré sur place, et en buvant quelques bières pour ne pas se déshydrater sous le soleil de plomb 😁.

Tout s’est bien passé jusqu’à ce qu’il crame, par inadvertance, le fusible principal du pick-up 😁. Mc Gyver n’est jamais très loin et Philippe a bricolé un fusible de fortune qui nous a permis de redémarrer et de rouler jusqu’à la ville suivante pour acheter non pas un mais deux fusibles (on ne sait jamais !).

Sur la route entre Saint Quintin et Guerrero Negro, nous avons roulé au milieu de ces terres désolées, aux sols arides, avec pour toute végétation des cactus en tout genre. A de nombreux endroits, les bas côtés de la route sont jonchés de détritus.

Tout le monde, ou presque, nous avait vanté la Baja California, mais de notre côté, nous n’avons pas réussi à en percevoir tous les qualités. Je ne sais pas exactement dire pourquoi, sûrement un cumul entre les barrages militaires réguliers, le fait que je ne pipe pas un mot d’espagnol, la chaleur étouffante, les blattes, moustiques et autres mouches piquantes qui sortent de leur cachette au coucher du soleil, les routes étroites et bordées de fossés dans lesquels tu as peur de basculer chaque fois que tu croises un camion,.. Bref, j’ai trouvé un tas de raison pour ne pas me sentir parfaitement bien en Baja. Bien sûr, les paysages désolés, la Tecate, le soleil, la cuisine mexicaine et la gentillesse des mexicains ont égayé le tableau.

Et puis, nous sommes arrivés à Santa Rosalia, sur la côte est, dans le golfe de Californie et ça y est, nous avons trouvé ce que nous étions venus chercher et ce dont on nous avait tant parlé ! Des montagnes, de jolis petits villages et des plages magnifiques et presque désertes (l’été c’est la basse saison ici, trop chaud qu’ils disent. On avait pas remarqué..). Alors bien sûr, quand il s’agit de se lever au petit matin pour prendre un bain dans une eau turquoise avant même le petit déjeuner, là, on ne peut que l’apprécier la Baja !

On a continué notre route vers le sud en passant par le joli village de Todos Santos et ses plages qui accueillent les surfeurs au coucher du soleil et au petit matin. Et en plus, il faisait presque bon la nuit 😁!

Nous sommes allés jusqu’à Cabo San Luca mais n’y sommes pas restés longtemps : des resorts, encore des resorts et presqu’aucun accès aux plages, toutes privatisées par … les resorts !

On est alors remontés vers La Paz, prendre le ferry pour Mazatlán et entamer notre traversée du Mexique pour shipper depuis la côte atlantique jusqu’en Colombie.

Notre bilan en Baja est donc mitigé mais nous croyons que la saison y est pour beaucoup. Beaucoup d’endroits sont fermés jusqu’en octobre, que la haute saison reprenne, il est trop tard pour les baleines et les tortues.. Il faut juste accepter que sur une année de voyage, il est difficile de toujours bénéficier des conditions météos idéales. Nous allons maintenant découvrir ce que nous réserve le reste du Mexique !

2 réponses sur “Une semaine en Baja California”

  1. Bonjour à vous deux. Je découvre votre blog avec beaucoup de retard et avec un plaisir proportionnel. De belles photos et des explications qui sentent la réalité des voyageurs.
    Bises et bon courage
    Olivier Avenas

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