Trois mois en cellule, le bilan

La vie quotidienne en pick up cellule, nous avions déjà testé pendant un gros mois lors de notre trip en Islande en 2016. Oui mais voilà, non seulement la durée était plus courte mais la cellule était plus grande (on voyageait à bord d’un Nissan D21 surmonté d’une cellule Clémenson, ensemble qui serait baptisé « Turbo » 2 ans plus tard et qui partirait découvrir la route de la soie avec à son bord, Camille et Christophe).

Si nous pensions, avant le départ, qu’une cellule plus petite et à toit relevable devrait nous permettre d’être plus à l’aise en 4×4, nous ne savions pas ce que ça donnerait en terme d’habitabilité. Aujourd’hui, au bout de trois mois de voyage, nous avons quelques éléments de réponse :

  • Le concept du toit relevable : En règle générale, les cellules à toit relevable sont équipées d’une bâche isolante et imperméable, c’est le procédé le plus couramment utilisé. Dans notre cas, ce sont quatre panneaux rigides qui se  plient et se déplient grâce à des vérins manuels (qui nécessitent toute la force basque de mon petit mari pour les relever mais qui nous évitent toute déconvenue d’une panne électrique). Ce système semble offrir une meilleure isolation et limiter le bruit du vent que pourrait occasionner une bâche. Bon, les jours de gros vents, on a toujours un peu peur que les panneaux ne tiennent pas le coup et que le toit s’envole (enfin surtout moi, c’est fou comme  l’imagination devient débordante parfois 😁) mais la plupart du temps, on est confiants.

Pour parer à toute intrusion d’insectes (ceux qui me connaissent bien m’ont déjà vu partir en courant au beau milieu d’une conversation parce qu’un objet volant identifié s’est approché d’un peu trop près), Philippe a agrafé des joints en haut des panneaux latéraux qui assurent ainsi une (quasi) parfaite étanchéité avec le toit.

  • La douche extérieure : un ancien propriétaire de la cellule avait eu l’idée d’intégrer un bac de douche au plancher de la cellule. Quand on a vu les dégâts que cela avait causé (on a dû changer le sol de la cellule, complètement pourri à cause des infiltrations), on a décidé de miser plutôt sur une douche extérieure. Le passage de la douchette du lavabo vers l’extérieur existant déjà, il nous a suffit d’investir dans une tente de douche Décathlon. Philippe a également installé un boiler sur le refroidissement moteur pour que nous ayons de l’eau chaude et un robinet thermostatique pour éviter les variations intempestives de température, peu agréables lorsqu’on est sous la douche.

Nous sommes satisfaits de cette solution : quand il fait chaud, c’est plutôt agréable de prendre une douche à l’extérieur en étant toutefois à l’abri du vent dans la tente de douche et quand il fait froid, soit on fait plus vite, soit on ne se douche pas (notre exigence en termes d’hygiène baisse inexorablement en voyage au long cours 😁). Le débit de l’eau est largement suffisant pour une douche digne de ce nom, j’arrive même à me laver mes cheveux correctement c’est dire !

A l’usage, on a trouvé une seconde utilisation à notre tente de douche : on y installe également le porti-porta quand on bivouaque dans un endroit tranquille.

  • Le confort et l’habitabilité de la cellule : au bout de quelques jours déjà nous avions pris nos marques et trouvé comment nous installer confortablement sur les banquettes. Bon ce qu’il y a surtout c’est qu’il ne faut pas que nous ayons tous les deux besoin de faire quelque chose dans la cellule au même moment. L’espace limité au sol ne nous permet pas vraiment d’être deux à s’activer sans que l’un ne se cogne quelque part. Mais bon, il suffit de le savoir et ça en arrange toujours un de nous deux de ne rien faire 😁.

En ce qui concerne le lit, nous craignions aussi que le fait de devoir l’installer et le ranger tous les jours soit un peu pesant. A l’usage, on se dit qu’on a quand même largement le temps, sur toute une journée, de perdre 5 minutes pour s’en occuper. Je suis d’autant plus d’accord avec cette idée que c’est Philippe qui le fait à chaque fois 😂.

On s’est aussi rendu compte que l’on s’adapte à l’espace disponible très rapidement et que l’on passe pas mal de temps à l’extérieur, tout en étant ravis d’avoir un refuge en cas de mauvais temps (ou de flemme). Et puis, l’avantage des petits espaces c’est que tout est à portée de main !

  • Les rangements : lorsque nous avons refait l’intérieur de la cellule, nous n’en avons modifié que très légèrement l’implantation (les possibilités sont de toute façon limitées) et nous avions un peu peur que les espaces de rangement soient insuffisants pour stocker tout notre barda pendant un an. Finalement, même en ayant emmené trop de choses (on avait pourtant essayé de se la jouer minimaliste, mais les « au cas où » ont eu raison de nos bonnes intentions), il nous reste encore de la place.

Le modèle du pick-up étant un « King Cab » et comme nous n’avons personne à transporter a l’arrière, on s’en sert comme lieu de stockage pour les choses qui ne servent presque jamais dans une grande caisse en plastique (tout le matos de camping) et celles dont on se sert très souvent (la caisse à outils, les tuyaux pour remplir et vider les eaux de la cellule, les chaises et table de camping,…).

  • Les bons petits plats : ces derniers mois, nous avons énormément progressé en ce qui concerne la cuisson des pâtes ainsi que leur assaisonnement ! Soyons clairs, il n’est pas évident de vraiment cuisiner dans la cellule. D’abord parce qu’il n’y a que deux feux, qui sont très rapprochés, difficile donc de faire cuire deux choses en même temps ; ensuite parce que lorsqu’il fait chaud (ce qui est le cas la plupart du temps), cuisiner équivaut à mettre le chauffage en continu et on atteint très rapidement les 35 degrés dans la cellule.

Ceci dit, étant donné que nous ne sommes pas de grands fans de la nourriture américaine, nous préférons nous faire à manger autant que possible. J’essaie donc de convertir Philippe aux légumes : ce n’est pas gagné mais il y a du progrès donc je ne désespère pas !

  • Le choix des bivouacs : avant de partir,  nous pensions nécessaire de dormir en camping toutes les 3 nuits afin de pouvoir gérer le remplissage d’eau propre et l’évacuation des eaux usées. En fait, on tient 4 jours en autonomie et les américains étant de grands adeptes du camping-car, nous trouvons des stations de vidange très régulièrement. D’autre part, de nombreux campings ne proposent que des emplacements en enfilade sur du gravier (pour le côté bucolique on repassera), donc on évite les campings au maximum.

L’autre raison qui nous pousse à faire le plus possible du camping sauvage, ce sont les BLM : il s’agit de terrains publics sur lesquels il est autorisé de séjourner pendant 14 jours gratuitement. Il y a de nombreux BLM dans tous les États-Unis et bon nombre d’entre eux sont répertoriés sur l’application IOverlander. La plupart du temps, ces terrains sont situés dans des forêts ou au milieu de nulle part et peuvent accueillir quelques campeurs, ce qui nous permet de nous retrouver dans des endroits plutôt calmes. Plus que pratique !

Moralité, on est plutôt à un camping par mois (et surtout quand on a un besoin très spécifique… genre refaire les cardans :p )

  • La sécurité : depuis notre arrivée, nous n’avons jamais ressenti d’insécurité aux Etats-Unis, probablement aussi parce que nous passons très peu de temps dans les villes. Notre seule vraie crainte, ce sont les ours, du coup on est équipés en corne de brume et bombe au poivre ! 😁

L’énergie : Le choix d’une installation électrique un peu haut de gamme est payant. Jusqu’à présent, on n’a eu à se poser aucune question sur la charge batterie : les panneaux solaires (3 panneaux en 100W) font bien leur boulot et la capacité de la batterie est bonne (batterie lithium 100ah). Ca nous a permis de rester pas mal de temps au même endroit sans avoir besoin de rouler et en chargeant copieusement tous nos appareils ou en assurant un vrai froid dans le frigo malgré des températures très élevées.

Coté chauffage, c’est moins idyllique : on a vaguement zappé le kit altitude sur l’Eberspacher Gasoil. Ca marche donc nickel sous les 1500m… en dessus, c’est nettement moins bien… c’est notre prochaine modification prévue. Reste à savoir où le commander. En revanche, en basse altitude, la solution est idéale : consommation très faible (2L de gasoil pour une nuit très froide).

Le gaz nous sert exclusivement à cuisiner, notre consommation est donc plutôt faible et les remplissages très faciles. On a en revanche investi dans un petit adaptateur qui nous permet de connecter les mini bouteilles Coleman sur nos plaques si la bouteille principale se vide au milieu de nulle part (on passe parfois plusieurs jours loin de tout village). Nous tenons donc un mois avec une bouteille de 1 gallon (environ 3kg de gaz).

Voilà donc nos impressions, comme elles sont plutôt très bonnes, on espère juste que ça dure ! 

4 réponses sur “Trois mois en cellule, le bilan”

    1. Bonjour,

      Il s’agit d’une cellule de la marque allemande Tischer, cependant nous avons entièrement refait l’intérieur.

      Fanny

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