Texas, un état à apprivoiser

Nous avons basculé de la Louisiane au Texas en traversant un grand pont comme les Américains les affectionnent particulièrement. Comme d’habitude, nous voyons un grand panneau en bord de route : Welcome to Texas. Nous avons été mis dans l’ambiance tout de suite en apercevant une gigantesque plate-forme pétrolière ! Pour les jolis paysages, on attendra !

Direction Houston ! Pour notre première nuit texane, nous avons désespérément cherché un camping mais soit les prix étaient exorbitants à nos yeux (60$ ! Ok pour le tarif on avait à notre disposition une piscine et/où un mini golf mais c’est pas vraiment ce qu’on recherche !) ou alors il fallait s’installer pour des lustres (les américains adooorent venir passer l’hiver au Texas où il fait bon et bon nombre de RV Park ne proposent que des locations longue durée. Bon bah, on s’est rabattu sur un bon vieux Walmart !

Houston a un intérêt notoire: le Space Center, un site de la NASA. Au beau milieu de cette petite ville dans la ville où travaillent des milliers de personnes, on peut, moyennant 29 dollars par personne, découvrir une sorte de musée du programme spatial américain. Au programme justement, visite de la salle de contrôle des missions Apollo , d’une navette spatiale et du laboratoire d’essais (dans lequel il n’y a en fait probablement pas de véritables essais réalisés vu le calme plat qui y régnait). Une bonne découverte, à la fin de la journée on avait presque envie d’y bosser (enfin surtout Philippe 😁).

Nous avons ensuite décidé de longer la côte texane du golfe du Mexique en passant par Galveston Island, Magnolia Beach, Port Aransas et Corpus Christi. De jolies plages de sable fin (ou collant s’il est mouillé) sur lesquelles on peut rouler avec en bruit de fond les cris de centaines de mouettes qui ne cessent jamais.

Nous avons donc passé quelques jours sur la plage à tenter, en vain, de garder des millions de grains de sable hors de la cellule et quelques nuits à s’endormir avec le bruit des vagues. Bon, sauf la dernière pendant laquelle nous avons investi, vers 1h du matin et pendant une bonne heure, une station service (heureusement ouverte 24h/24, merci l’Amérique !), et ce au grand désespoir du gérant.

La raison ? Des alertes, toutes les 10 minutes, de notre application météo puis par texto de la survenue potentielle voire probable d’une tornade. Alertes totalement anxiogènes qui recommandaient de nous mettre à l’abri immédiatement dans un bâtiment en dur, précisant que les campings cars et autres engins du même type seraient détruits si la tornade passait effectivement par là. Finalement nous avons passé de longues minutes les yeux rivés sur le radar de l’application météo et avons virtuellement pu constater que le gros de la dépression évitait justement les quelques kilomètres carrés de la presque île sur laquelle nous étions. Ouf ! Je vous avoue que sur le moment, je ne faisais pas la maligne, mais nous n’avons finalement eu droit qu’à de gros orages.

Remis de nos émotions, nous avons ensuite rejoint San Antonio, pour longer les petits canaux du centre ville et visiter Fort Alamo, théâtre du siège de près 200 hommes pendant 13 jours début 1836. Ces derniers revendiquaient l’indépendance du Texas auprès du gouvernement mexicain (le Texas appartenait alors au Mexique). Ils ont finalement tous péri dans l’assaut final du Fort par l’armée mexicaine tandis que le rattachement du territoire aux États-Unis était déclaré quelques semaines plus tard (petit point historique pour Briduh 😁).

En remontant plus au Nord du Texas, nous avons traversé Hill Country, ce qui nous a permis de lever un doute raisonnable : non les États-Unis ne sont pas que plats ! (Depuis que nous sommes arrivés à Baltimore, hormis lors de notre brève incursion dans la Blue Ridge Parkway, nous n’avions vu aucune montagne ni même colline digne de ce nom). Nous avons également longé des dizaines de ranchs dont nous n’avons bien souvent aperçu qu’une partie tant les propriétés sont immenses.

Et puis enfin, après les plateformes pétrolières et leurs raffineries, les alertes météos pourries, les embouteillages des grandes villes, les parkings à 20 dollars, les Walmart bruyants : Big Bend National Park !! Une bénédiction pour mon petit mari, qui n’attendait (presque) que ça ! Les quelques 100 miles à parcourir avant d’entrer dans le parc en lui-même sont une belle mise en bouche : on aperçoit déjà au loin les Chisos Mountains. Et une fois dans le parc c’est encore mieux : du désert, des montagnes, des sources d’eau chaude, de grandes plaines déjà brûlées par le soleil… L’endroit est magnifique !

Nous avons fait notre première vraie rando dans un environnement où l’on peut croiser un ours au détour d’un chemin. La première partie, nous avons d’abord suivi, à distance raisonnable pour que cela ne semble pas trop suspect, quatre américains dont le rythme plus que tranquille nous a permis de bien profiter du paysage puis emboîté le pas d’un ranger. Au retour, prenant notre courage à deux mains, nous avons marché tous seuls, bien heureux cependant de croiser régulièrement d’autres randonneurs. Et devinez quoi ? Pas un ours à l’horizon ou alors il était bien caché !

Nous avons également tenté nos premières pistes en 4×4 sur le sol américain et dormi ainsi au milieu du parc sans personne à des kilomètres à la ronde.

Petit moment bien agréable aussi, nous avons rencontré Audrey, Stéphane et leurs enfants Rose et Gabriel, expatriés à la Nouvelle-Orléans depuis 2 ans ! On était bien contents de parler français et d’être sûrs de bien tout comprendre à ce qui se disait !

Nous avons quitté le Texas comme nous l’avons découvert, en observant à quel point c’est la terre du pétrole ! Nous avons longé des puits de pétrole, des usines de fracturation hydraulique et les réserves d’eau artificielles qui vont avec sur des dizaines de kilomètres, au milieu de plaines désolées dont les bâtiments sont à moitié détruits et le sol jonché de détritus… Ce territoire désertique est petit à petit rongé par les bulldozers. Et là, alors même qu’on se sent un peu tristes d’assister à ce spectacle, on se dit qu’on voyage en pick-up pendant un an et qu’à notre échelle, on participe aussi à ce désastre écologique. Un peu dérangeant comme sentiment…

Le Texas mérite donc qu’on s’y arrête car il est, comme tout état à forte identité, le reflet d’une partie des Etats-Unis. Notre gros coup de cœur a été sans conteste le parc de Big Bend, notre premier grand parc américain. Ce n’est ni le plus connu ni le plus grand alors nous avons hâte de découvrir les autres ! En attendant, nous avons repris la route pour le Nouveau-Mexique !

5 réponses sur “Texas, un état à apprivoiser”

  1. C’esrr Juste superbe. Et vous êtes carrément courageux tous les deux.! Continuez à nous faire du bien avec vos récits et photos à couper le souffle ! Amitiés
    Emilie

  2. Coucou! Vos photos de Big Bend sont superbes, au plaisir de vous retrouver à Yellowstone ou ailleurs dans le monde! Bonne continuation dans votre périple américain. Bises de New Orleans, Stéphane, Audrey, Rose et Gabriel.

  3. Big Bend a l’air d’être un superbe parc…vos photos sont très belles ! Et je pense que ce n’est que le début des magnifiques parcs qui vous attendent ! Bonne continuation ! Bisous

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